Marc DESGRANDCHAMPS
update December 15 2011
Marc Desgrandchamps, 2010
Les images qui illustrent ce site sont des reproductions de tableaux bien représentatifs de ma « manière ». Je dis manière plutôt que style, car la manière détermine une approche plus légère qui ne s'identifie pas à une forme repérable et figée, contrairement à la notion de style.
Ma peinture, je dis ma peinture car elle est le produit de mon travail, ma peinture est fluctuante et elle s'est développée tout au long des années au travers d'une pratique régulière. « Pas de progrès sans pratique » est le slogan affiché au mur de la salle de danse où l'acteur Claude Melki apprend le Tango dans un film de Jean-Daniel Pollet intitulé « l'Acrobate ». Cette maxime a attiré mon attention car le mot « pratique » est un terme que j'utilise souvent pour qualifier le travail pictural. Dans mon cas, il s'agit d'une pratique qui cherche sa théorie, la théorie étant usitée ici dans un sens ironique, car cette activité mentale sert habituellement à qualifier la vie intellectuelle et artistique des années 60 et 70, plutôt que celle d'aujourd'hui.
En revanche l'idée de progrès attachée à celle de pratique, que l'on peut lire dans le slogan inscrit dans le film de Pollet, est une notion qui m'est étrangère. C'est pourquoi j'ai toujours défini mon parcours comme un développement. Ce n'est pas une évolution, ce terme induisant l'idée d'une finalité, d'un but à atteindre. Ma peinture se développe sans but et ne répond à aucun « pourquoi ? ». En ce sens elle est très matérialiste, c'est « un processus sans sujet ni fin », pour reprendre la formule d'un philosophe qui finit par étrangler son épouse. Je suppose qu'il est possible d'envisager qu'une pratique, dans son exercice quotidien, se relie à une pensée. C'est dans la pratique que l'on expérimente « la réalité et la puissance, l'ici bas de sa pensée », pour citer les mots de Karl Marx, le Karl Marx philosophe qui pratiqua la philosophie qu'il n'écrivit jamais.







































