Bertrand Grosol
Dossier mis à jour — 11/04/2019

ORI, phases 1, 2, 3, 2003-2016

ORI - Mécanique d'un retournement, 2003-2016


Phase 1 : Gravure au sol, 2003
La Réserve, terrain de recherche et de construction, Montpellier

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Réalisation d'une gravure en creux au sol, gardée secrète sous une nappe de bitume noir.
Le motif choisi est un schéma de notre oreille interne, lieu d'équilibre dans l'espace et de vibrations sonores. Le sol de la Réserve - terrains de recherches et de créations - est utilisé comme une plaque à graver. Le sol est creusé et encré, prêt à être utilisé. Ce procédé de gravure est mis en parallèle avec le fondu au noir cinématographique et vidéographique.
Le motif disparaît sous une chappe noire, liquide et brulante. Il reste une surface unie noire et solide. Le procédé de gravure est arrêté au stade de la plaque encrée. Les épreuves visuelles existeront à travers les événements futurs du lieu. Il reste de ce banal geste de recouvrement une trace filmique unique et un journal du sol.

Schéma de référence pour la gravure au sol

Motif gravé au sol avant recouvrement

Captation vidéo : Vartan Ohanian et Camille Boissière, Enregistrement pendant toute la durée de montage (une semaine en continu)


Phase 2 : Tracé à l'échelle de l'île, Martinique, 2008

Vue d'atelier, schéma de l'oreille superposé à la carte IGN de la Martinique

À partir d'une représentation stylisée de l'oreille interne, le projet est de tracer sur toute l'île de la Martinique le dessin de l'oreille interne à l'aide de points dont sont relevées les coordonnées GPS.
Un système de pointillés qui tisse une relation entre le schéma et les blocs d'imagination qui s'y projettent sur plusieurs niveaux : Des nuages observés jusqu'à l'environnement proche, en passant par la gestuelle du lieu et son sous-sol.
Le tracé constitue une suite rythmique de mouvements, de sauts, de déplacements, dans laquelle se construit le schéma de l'oreille interne.
Chaque point du dessin est marqué sur l'île par une balise qui émet et enregistre,
qui propose un recommencement mobile des évènements le temps de passage d'un nuage,
le temps d'une parole donnée,
des habitudes de langage,
le temps d'élaboration d'un jardin créole,
d'un tremblement,
d'un aller et d'un reflux sur des bords délimités,
les moments de proximité,
des failles aux désaccords de terrains,
elles sont les relais d'un moment enregistré et fixé dans l'espace par des coordonnés précises.
Ce travail de "chambre noire" à 14 compartiments, à 14 niveaux superposés, de cheminement entre les parois du tracé, recherche dans 14 lieux nommés, les endroits où s'élabore une gestuelle (in)visible.

Schémas, vues des 14 strates qui définissent le champ de la recherche :
Nuages, Végétation, Arbres, Maisons, Habitants, Langues, Jardins, Sols, Abords, Bords, Sous-sol, Zone sismique, Eaux souterraines, Nappe proche.

Maquette en bois, 160 x 100 x 80 cm


Phase 3 : Session d'enregistrement, Martinique, 2014

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Le projet ORI est une navigation. Partant de la carte géographique de la Martinique avec une superposition du schéma de notre oreille interne, symbolisée par 923 points GPS. Chacun des points, existant comme une destination possible, à explorer physiquement ou avec son imaginaire selon 14 variables.

Écran de projection Ori, Workshop, Campus Caraïbéen des Arts, Fort-de-France, 2016