Georges Rey
Dossier mis à jour — 10/11/2021

La vache qui rumine

La vache qui rumine, 1969
Film expérimental, 2'45'', 16 mm, muet, noir et blanc
Ce film est une partie d'un triptyque, composé de L'homme nu, La source de la Loire et La vache qui rumine.
Le premier renvoie au futur, le second au passé et le dernier au présent.

« Filmée en un unique plan fixe, une vache, face à la caméra (et donc à son spectateur), rumine. Rumine encore. Et encore. Arrête inopinément sa rumination. Et rumine à nouveau. « À nouveau » ? Elle recommence à ruminer comme elle a toujours ruminé. Cela pendant deux minutes quarante-cinq secondes : longue durée par rapport aux autres films constituant l'histoire (encore inédite) de la représentation des rumi-nants au cinéma, mais durée d'une brièveté extrême au regard d'une vie de ruminant passée à ruminer. Car, comme le note laconiquement Georges Rey : Avant, elle ruminait ; après, elle ruminait. » [...]
Extrait du texte de Patrick de Haas, 1996
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Distribution
Light Cone, Paris
Cinédoc, Paris
Collectif Jeune Cinéma, Paris
Film-maker's cooperative, New York
Lux, Londres
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Collections
MoMA, New York
FRAC Normandie, Caen
Centre Georges Pompidou, Paris
A.F.E.A, Avignon


Vues d'expositions
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« La Vache qui rumine aurait pu être une métaphore sur les acteurs de cinéma, en adéquation avec ce cher Hitchcock qui les traita un jour de bétail. Ou bien le film aurait pu être, plus simplement, une métaphore sur l'homme. En tournant son chef-d'œuvre bovin, Georges Rey se souvenait sans doute que Charles De Gaulle traita les Français de veaux, que Pablo Picasso désigna le général Franco de taureau dégénéré et que Georges Brassens lança son célèbre mort aux vaches à de braves gendarmes. Mais s'il y a métaphore, elle est tout autre car Georges Rey reconnaît qu'il a été frappé et séduit par la beauté de cet animal. L'origine de La Vache qui rumine est née lors du tournage de La Source de la Loire, au mont Gerbier–de–Jonc, où il a pu contempler ce mammifère. Puis l'idée d'en faire un film a germé pendant six mois avant qu'il se décide enfin à passer à l'acte.
En fait, le but du cinéaste est des plus simples. Il prend la réalité telle qu'elle se présente devant sa caméra sans intervenir et en extrait un fragment de temps tout en refusant de le transformer par le montage — le film est fait d'un seul plan–séquence — ou par l'adjonction d'une bande sonore — le film est muet. Par conséquent, Rey refuse toute mise en scène, au sens où on l'entend habituellement, tout montage et toute bande sonore. S'il existe une mise en scène, il ne peut s'agir que d'une mise en scène de type nouveau : le concept du film est la mise en scène. Une seule chose intéresse le cinéaste : filmer ce que voit la caméra. Il n'y a pas d'au–delà, pas de hors–champ. Rien n'est caché derrière l'image : tout est en surface. Georges Rey s'efface derrière son sujet et le sujet (pardon, l'animal) a toute la liberté de se mettre en scène. » [...]
Extrait du texte de Gérard Courant, 2004