Géraldine KOSIAK

créé le 06 Janvier 2013

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Un parcours semé d'indices
Gaetano Gaétan, 2008

Depuis la série inaugurale J'ai peur en 1993, Géraldine Kosiak déploie un enchaînement d'ensembles et sous-ensembles, dessins et photographies réalisés comme autant d'enquêtes intuitives. Les faits et personnages réels – la construction d'une autoroute, son grand-père, la chasse, un ouvrier japonais, des truites, la salle d'une bibliothèque, l'Antarctique – sont représentés avec une minutie qui trahit la précarité de ces réalités contiguës. Sous une apparente harmonie, ses images semblent peuplées de fantômes en devenir. En résulte un plaisir inquiet.

Avant d'être un livre, J'ai peur fut une chose curieuse, exemplaire unique fabriqué à la main, comme peuvent l'être un tableau ou une sculpture. Dans la plus grande discrétion, Géraldine Kosiak réalisa les dessins, écrivit les phrases, puis choisit le papier (bouffant), le format (carré), découpa l'ensemble et le relia, bref, à la fin J'ai peur était devenu un livre.

La plupart de ses projets démarrent à partir d'une phrase, qui devient également le titre de l'objet conçu. Il en va ainsi de Mon grand-père (1998), ou Avec l'âge (2008). Chaque fois, le titre agit comme un panneau indicateur. Il désigne tout à la fois une direction, un parcours, un état, une contrainte ou une posture. Vus sous cet angle, ses titres prédisent l'avenir.

« J'ai peur de ceux qui abandonnent leur chien » écrivait-elle en 1995. Ses pérégrinations sont celles d'un animal – entre chien et loup – qui parle peu et finit par se fondre dans le décor. Par goût, mais stratégie également, car sa manière nécessite la discrétion. On retrouve ce mode d'observation irraisonnée dans les suites photographiques Monterrey stéréo (2004) et Japon, 206 vues (2006/2007). Une invention perpétuelle du paysage capturé et le sentiment qu'il nous échappe.

Le quotidien est fragmenté, jonché de notations subtiles. Un rapprochement s'établit avec les livres de Georges Pérec ou les Notes de chevet de Sei Shonagon qui, vers l'an 1000 à la cour impériale du Japon, inventa une forme de poésie listée. Géraldine Kosiak aime les classements. Catalogués (2004) présente ainsi les pages d'un inventaire personnel et infini, mais ses classeurs semblent tourner sous l'effet de boussoles affolées.

Elle met sur le compte de la dyslexie une sensibilité à ordonner les choses, les genres et les moments. « Je n'ai aucun souvenir d'enfance. » dit-elle avec un brin d'ironie, et encore : « Mon travail n'a rien de nostalgique. » On peut ajouter la logique et le rendement à cet anti-portrait.

L'appareil photographique, le Rotring, la gouache, chacune des méthodes utilisées ici requiert patience et application, et il semble que le temps consacré au travail soit lui-même incorporé aux formes produites par l'artiste. Ainsi Blue dragon (2007/2008), une série de dessins au trait, délicatement colorés, poursuit-elle la traversée d'un Japon onirique et revisité, au sens propre. Fragilité et précision des figures en renforcent la présence paradoxale.

Le temps encore, plus que jamais à l'œuvre dans les grands formats réalisés à la gouache, les bien nommés Échos (depuis 2004). Plusieurs personnages (homme oiseau, belette, danseuse, cochon d'Inde...) inscrits dans une nature choisie et accompagnés de slogans littéraires tels que : « Je me tourne pour vous regarder en face. Je tourne ma tête et vous parle franchement. »
L'artiste regroupe volontiers ces peintures sous l'intitulé Affiches. Elles en possèdent en effet le format, le magnétisme, l'accroche typographique, les aplats de couleur et les formes cernées de noir. Mais il s'agirait d'affiches dont la fonction et la signalétique seraient détournées à d'autres fins. Tout ici est affaire de retour, de réapparition, de delay, selon la terminologie musicale. Phrases et images en cut-up bâtissent le tableau au creux duquel la mémoire vient se blottir, malgré soi. Les Échos de Géraldine Kosiak s'accordent parfaitement à cette définition de Clément Rosset : « L'écho est mon écho, certes, mais je traîne un peu à m'y reconnaître. » *

* Impressions fugitives, Les éditions de Minuit, 2004





Variations
De quelques réflexions à partir des livres de Géraldine Kosiak
Par Sylvie Lagnier, février 2013

Un protocole d'écriture pour comprendre la complexité de ce que met en œuvre Géraldine Kosiak dans sa recherche, dans ce lien si particulier qu'elle construit dans son œuvre entre les mots organisés qui disent la fraîcheur de l'émotion et le trait de son dessin, ferme et tendre à la fois. Un protocole donc qui commence juste par des mots, puis l'évidence de listes de mots, une sorte de classement, enfin des séries. Chacune d'elle s'est imposée comme méthode pour construire une approche du perçu, du ressenti à la lecture en particulier de ses livres : un vécu à rebours, voir le film de son existence sans temporalité précise, juste la conscience de l'être.

Où faire exister l'autre ou soi quand il ne reste de l'instant vécu qu'un souvenir dont on sait la fragilité ? Perte de la matérialité, disparition des contours, oubli des couleurs, distorsion du lieu, écho imperceptible. Chuchotement. En créer l'image, convoquer toutes les images et n'en concevoir qu'une. Géraldine Kosiak convoque le dessin et l'écriture au cœur d'une proximité spatio-temporelle parvenant à suggérer plus que ce que le contour donne à voir. Son trait, avec la complicité du verbe, donne le sentiment qu'autre chose est possible, nous conduisant même dans nos propres images. Au fil des pages de ses livres, nous rencontrons des indications comme des objets, des personnages, des lieux parfois, des indices surtout. Les ajouter, les soustraire, les associer, pour qu'advienne, peut-être, une histoire, sans doute un voyage.

(séries 1) (1)

Géraldine chineuse : Venise, via Garibaldi, une brocante un jour d'octobre. L'appel de l'objet. Dans l'objet déclassé, il y a ce qu'on reconnaît, sa vie latente, éphémère. Il dépend de nous et cesse d'être dès que nous l'oublions. Il est, selon le philosophe François Dagognet, un condensé de liens sociaux, un fruit de l'ingéniosité et d'une constante évolution, un opérateur de notre développement psychologique, le témoignage le plus clair de la « présence », puisqu'il est là, avec sa propre texture, son galbe et qu'il nous entoure. (2) S'arrêter donc. Retour sur ses pas, prendre le temps simplement, tant pis pour le retard. Car les objets convoquent la mémoire, la stimulent ou la ravivent. Ainsi rejoindront-ils un inventaire formel, un répertoire de dessins d'objets qui constitue le musée imaginaire de l'artiste. Morel, l'inventeur d'une machine à enregistrer la vie dans le roman de Bioy Casares, croit avec ferveur – comment pourrait-il en être autrement pour garder son amour ? - « qu'il n'est pas impossible que toute absence ne soit en définitive, que spatiale... D'une façon ou d'une autre, l'image, le contact, la voix de ceux qui ne vivent plus doivent demeurer quelque part (Rien ne se perd...). » (3) Il est question d'images et de souvenirs à faire vivre autrement que ce qu'ils ont été, s'ils ont eu lieu du reste, chargés pourtant d'une émotion intacte. Ainsi, pouvons-nous imaginer que se réalise dans l'ordre de la visualité que conçoit l'artiste, ce qui n'est que souvenir ou imagination, immatérialité même. Alors, elle collecte auprès du vivant, dans les archives de toutes sortes, des mots, des notes, des attitudes et autres traces ou témoignages d'un événement, d'un simple instant, d'un presque rien. Archéologue peut-être, par la méthode : chercher les indices d'une occupation, en trouver de petits restes qu'elle protège et archive jusqu'au jour où elle les dévoilera, restitués sur une planche de beau papier. Archiviste d'expériences humaines.

En regardant cette planche, je m'aperçois à quel point j'ai toujours été attirée par les encyclopédies, dictionnaires, codex, fiches. Je peux rester des heures à regarder des catalogues d'outillage, comparant toutes les scies sauteuses, cherchant le meilleur tournevis (sans forcément avoir envie d'acheter, juste par curiosité).
Quand je me promène dans la nature, je vais ramasser le moindre morceau de bois, les plus petits cailloux, une feuille, une plume...
On ne sait jamais, ça peut toujours servir. (4)

Et de terminer Catalogue 0,25 (5) par une citation d'Italo Calvino, extraite de Leçons américaines :

« Qui sommes-nous, qu'est chacun de nous, sinon une combinaison d'expériences, d'informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d'objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles. »

(série 2) (6)

Le temps du récit nous permet d'être dans l'instant car il crée un effet de présence, générant la sensation d'une parole en acte. Le texte - une anecdote parfois aux allures de ritournelle - renvoie à une esthétique du montré et du caché car il ne dit de ce qui a été ou imaginé qu'un fragment lui-même prélevé dans ce qui parvient à la conscience. Le souvenir est un matériau malléable avec lequel Géraldine Kosiak alterne les effets du réel et de la fiction donnant ainsi un corps à ses paroles textuelles. Dans ses narrations et fictions interviennent des éléments visuels - dessin de l'ordre de l'esquisse au trait fébrile ou épais ; dessin isolé au sein de la page ou au contraire juxtaposé à d'autres d'une même série ; dessin contenu dans une vignette avec parfois un rehaut de couleur – qui déstructurent le fil narratif tout en lui donnant une autre texture de nature quasi spectrale. C'est bien une double mémoire qu'invoque l'artiste, celle de petites histoires intimes que le texte semble restituer et celle du lecteur, sollicitée par cette étrange relation qu'entretient le dessin au texte, à moins que ce ne soit l'inverse. Ses voix et ses masques se nourrissent de la quasi invisibilité de la trace, sa presque absence ou sa présence allusive et parviennent à déjouer l'anesthésie par la singularisation des objets - qu'il s'agisse de lieux, de proches, d'artistes, d'écrivains, d'évènements familiers – au fond, réinventer la première fois. La mémoire est une intériorisation.

L'écart que crée l'artiste, dans cet ordre du narratif, détache, met à distance la forme de l'écrit. Car l'artiste sait que nulle image, nulle représentation n'a le pouvoir de redonner à ce qui a été, sa vérité initiale, aussi détache-t-elle son dessin de son indice matériel : «  [...] ainsi opère la ligne, - écrit Didi Huberman -  instrument par lequel l'image sensible vise son au-delà intelligible ». (7) Quelque chose qui ne se voit pas est dit dans le texte alors que le dessin ouvre sur la possibilité de l'agir. Deux temporalités distinctes sont à l'œuvre ramenant à la conscience, un visuel fragmentaire, l'objet et le sujet d'un voir entre un déjà et un pas encore. L'objet représenté, parce qu'il n'illustre pas le texte qu'il paraît viser, tend à dissembler de lui-même. L'image ne double pas l'écrit, aucune redondance, pas plus que le texte n'ajoute à celle-ci une information particulière. Les sens viennent à l'image. Roland Barthes le rappelait, « la polysémie produit une interrogation sur le sens ». (8) C'est moins dans une représentation ou une figuration que Géraldine transporte le sens, que dans une altération : procéder au déplacement du vécu pour le donner à voir.

(série 3) (9)

Les dessins laissent une part d'indéterminé, les formes jouent de leur existence, les textes revendiquent une perte. Récits et objets se dérobent, dévoilant d'autres endroits possibles. Confrontés à ce manque, à cette énigme, nous n'avons d'autres voies que celle des détours entre texte et dessin, d'autant que les indices donnés sont précis : l'heure, le lieu, le nom de personnes. Des paradoxes ? Des suspens. Loin de l'artiste, l'idée autobiographique. Son œuvre est un jeu de miroirs au cœur d'une intuition sensible où se lit l'autrui.
 
Le sens de la forme se dissout dans le temps. Certains objets deviennent des sculptures abstraites, irréelles.

Les stratégies de l'auteure portent à notre conscience la réalité de ce qui nous entoure, d'où nous sommes, elles nous font penser en faisant voir et en donnant le déroulement de l'instant passé, elles élargissent notre perception du réel. Son langage fait apparaître ce que le temps soustrait au regard. Que reste-t-il de l'autre, de soi, quand l'heure précise du dernier souffle est reportée sur un registre ? Encore des listes. La vie s'écrit-elle au passé ? Seule l'expérience vécue est relatée. Le reste est fiction, le réel insaisissable. L'existence semble bien irreprésentable malgré les tentatives technologiques en la matière. L'indéterminé est l'une des conditions de l'apparaître ; à son sujet, Karl Appel écrivait même qu'il nourrit peu à peu une certitude. (10) L'accident, ce qui advient, provoque une rencontre : c'est ainsi que le dessin ouvre aux errances de la ligne sans en perdre les contours.

Indiquer l'heure, c'est donner le tempo aux pages, c'est rappeler, s'il en est besoin, la mesure de la vie. Préciser le lieu, c'est définir la tonalité, autrement dit, la couleur du souvenir. L'heure, le lieu quelques repères incontournables qui nous permettent de dire, sinon qui nous sommes, du moins que nous sommes, que nous avons été.

6h30, il part de chez nous, la tête dans le brouillard.
Il fait frais, ça stimule ! (11)
Et voilà, j'ai déjà oublié de mettre la date et le temps qu'il a fait !
Bon, je mettrai tout ça quand j'en aurai l'envie, il ne faut pas que cela soit systématique. (12)

Chaque page contient une trajectoire tracée par l'affect d'un regard subjectif capable pourtant de créer un écart entre les manifestations concrètes de la présence d'êtres humains et l'histoire qu'il en restitue. Quelque chose m'évoque Satie. Souvenirs de pianiste. Le compositeur utilisait les mots pour accompagner son texte musical comme des contrepoints, des ponctuations, des dessins. Ce jeu, un peu celui de Géraldine Kosiak, rompt toute linéarité textuelle et musicale, instaurant une autre dimension de sens, peut-être une défiguration.

Gommeux ; pliez doucement ; rebondissez sommairement ; ne toussez pas ; remuez-vous ; continuez sans perdre connaissance (13)

Les petites pièces de Sports et divertissements (14) mettent en scène des rencontres manquées entre le poisson et le pêcheur, par exemple. Et de penser à Jours de pêche. (15) Évacuant le sublime, Satie fait de la musique un autre lieu possible pour le quotidien, la plaçant même au rang des objets palpables et mesurables. Le compositeur s'adresse à lui-même et fait parler l'autre. Quand il évoque une personne, il devient lui-même l'objet d'une voix qui le décrit. L'autre parle aussi à sa place. L'énoncé se disperse au profit d'une dialectique intime qui s'articule sur sa vie. Comment l'autre écrit-il ? Comment pense-t-il la forme ? Comment conçoit-il son rapport au processus de création ? Quand la chose commence-t-elle ? Où ?

Je pense à Robert Filliou. Inventeur du « Bien fait, Mal fait, Pas fait », et ce qu'il disait un jour : « J'étais en Allemagne, à Düsseldorf, quand j'ai commencé à accrocher ce que je faisais ou pensais pendant la journée. Par exemple, le papier sur lequel j'avais noté l'idée d'une anthologie de déclarations de guerre. Le jour suivant, je pensais à autre chose et je l'accrochais. J'avais l'intention de continuer pendant une année, mais je me suis arrêté au bout de neuf semaines. » (16)

Robert Filliou a spatialisé le temps. Son langage polysémique procède par rebonds et fait surgir les paradoxes de l'existence. La question du processus de création traverse l'œuvre de Géraldine. J'ai peur (17) en est sans doute l'un des premiers témoignages. Chaque page, à sa manière, l'exprime tant par la nature de la phrase, un leitmotiv, que par celle du dessin, un croquis, qui l'accompagne, à la fois dérisoire, drôle et touchant.

4 – J'ai peur d'une page blanche
7 – J'ai peur des moments qui durent
15 – J'ai peur d'avoir peur
20 – J'ai peur de certains mots
23 – J'ai peur de sortir de mon lit pour commencer la journée
24 – J'ai peur de rater
36 – J'ai peur du vide
55 – J'ai peur de me répéter

Interroger le processus de création, c'est percer le mystère d'une aventure individuelle. Vaste entreprise qui conduit Géraldine Kosiak à voyager pour mener à leur terme ses enquêtes et ainsi faire exister l'artiste non par l'objet qu'il a créé, mais par le dévoilement de ses conditions de création. Au travail (18) explore un moment familier, celui au cours duquel l'écrivain est au travail, que l'artiste superpose ou met en dialogue avec un instant qui lui est personnel sous une forme anecdotique. Des écrivains, qui finalement la raconte, elle. Ils l'accompagnent depuis quelque temps déjà. Une liste. (19) Il s'agit de rencontres parlant de formes, de graphies et de gestes ; évoquant les micro lieux de l'écriture, les dossiers préparatoires, les brouillons et les archives ; décrivant le déplacement, le voyage, les rêves et le sommeil ; racontant les relations de couples où sont en jeu filiation et légitimité, complicité et conflit. La démarche de Géraldine se fait alors l'écho de la pensée de Georges Perec pour qui « Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes ». (20)

Ainsi l'écrivain et l'artiste luttent à la fois contre l'oubli et contre le vide, lieu d'une chute inévitable, et témoignent de l'indicible. C'est une quête désespérée et jubilatoire qui mêle l'expérience de l'intimité à celle de la distance sur fond d'autodérision, au bord parfois de la dépression. C'est être à la fois présent et absent, se maintenir dans un état intermédiaire entre le sommeil et la veille.

(Série 4) (21)

En guise d'épilogue, une dernière série qui évoque l'importance de la mise en espace des œuvres de Géraldine Kosiak. Souvent, elle conçoit elle-même des dispositifs qui accueillent son geste - ses originaux, ses tirages format affiche, ses livres - sous la forme d'une invitation à partager l'espace et le temps, une certaine spatialisation du temps qui ouvre et tisse entre les objets, un champ, celui d'un jeu de « substitutions infinies dans la clôture d'un ensemble fini » (22) Ce qui s'annonce comme exposition est un partage où elle multiplie les niveaux d'appropriation de l'œuvre. Un voyage qui permet de repousser les frontières des médiums artistiques, notamment celles entre l'image et le texte, par un itinéraire libre, une errance au cœur d'images qui tiennent lieu de mémoire autant que de miroir. Un jeu encore entre le spectateur/visiteur et le lecteur/acteur, entre l'objet et sa représentation ; jeu donc, entre le même et l'autre, le jeu d'un écart au sein d'une même structure. L'exposition est une autre écriture qui elle aussi opère des déplacements d'images, toujours avec les pertes et les apports propres à toute traduction. Celui qui reçoit le fruit de ce travail peut sentir la présence d'un instant prélevé dans un continu.

(1) Série 1.1 : accumulation, collecte, énumération, inventaire, répertoire, archéologie
Série 1.2 : archive, enquête, témoignage, mémoire, souvenir, traces, indices, souvenir, série
(2) DAGOGNET François, Les dieux sont dans la cuisine, Philosophie des objets et objets de la philosophie, Synthélabo Groupe, Coll. Les empêcheurs de penser en rond, 1996, p. 7.
(3) BIOY CASARES Adolfo, L'invention de Morel, Coll. 10/18, R. Laffont, 1992, p. 92. (ed. originale, 1940)
(4) KOSIAK Géraldine, Catalogue 0,25, Paris, Seuil, 2005, non paginé.
Sur la page à droite du texte, quatre dessins de poissons exotiques.
(5) KOSIAK Géraldine, Catalogue 0,25, Paris, Seuil, 2005, non paginé.
(6) Série 2 : histoire, anecdote, narration, récit, fiction, conscience, image, temps
(7) DIDI HUBERMAN Georges, L'image ouverte. Motifs de l'incarnation dans les arts visuels, Coll. Le temps des images, NRF Gallimard, 2007, p. 83.
(8) BARTHES Roland, « Rhétorique de l'image » in Communication 4, 1964, Recherches sémiologiques, p.40-51.
(9) Série 3 : vie, existence, lieux, voyage, l'autre, l'artiste, l'écrivain, l'écho
(10) APPEL Karl, 40 ans de peinture, sculpture et dessin, Paris, Galilée, 1987, p.35.
(11) KOSIAK Géraldine, Jours de pêche, Éditions du Seuil, 2002, p. 15.
(12) KOSIAK Géraldine, Catalogue 0,25, Paris, Seuil, 2005, non paginé.
(13) SATIE Érik, Les trois valses distinguées du précieux dégoûté, 1-Sa taille (à Roland Manuel) ; 2-Son binocle (à Mlle Linette Chalupt) ; 3-Ses jambes (à René Chalupt), 1914. Œuvre pour piano.
(14) SATIE Érik, Sports et divertissements (Choral inappérissant ; la Balançoire ; La Chasse ; La Comédie italienne ; La Réveil de la mariée ; Colin-Maillard ; La Pêche ; La Yachting ; La Bain de mer ; La Carnaval ; Le Golf ; La Pieuvre ; Les Courses ; Les Quatre-coins ; Le Pique-nique ; Le Water-chute ; Le Tango ; Le Traîneau ; Le Flirt ; Le Feu d'Artifice ; Le Tennis), œuvre pour piano, 1914.
(15) KOSIAK Géraldine, Jours de pêche, Éditions du Seuil, 2002.
(16) KOSIAK Géraldine, Catalogue 0,25, Paris, Seuil, 2005, non paginé.
(17) KOSIAK Géraldine, J'ai peur, Éditions du Seuil, 1995.
(18) KOSIAK Géraldine, Au travail, à paraître chez Buchet-Chastel, septembre 2013.
(19) Liste d'après mes notes au cours d'un entretien avec Géraldine Kosiak en décembre 2012. Peut-être en ai-je oublié. Que l'auteure me pardonne.
Claude Levi-Strauss, Roland Barthes, Cornac Mc Carthy, Nicolas Bouvier, Simone De Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Céline, Émile Zola, Virginia Woolf, Jack Kerouac, Françoise Sagan, François Mauriac, Robert Frank, Raymond Roussel, Hervé Guibert, Enrique Vila-Matas, Jules Verne, George Perec, André Breton, Frédéric Dard, Georges Simenon, Gertrude Stein, Thomas Bernard, Marguerite Yourcenar, Edgar Poe, Ernest Hemingway, René-Maria Rilke, Takashi Murakami, Vladimir Nabokov, Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Raymond Carver.
(20) PEREC Georges, Espèces d'espaces, éd. Galilée, 1974/2000, p. 180.
(21) Série 4 : Geste, exposition, espace, frontière, matérialisation, dispositif
(22) DERRIDA Jacques, « La structure, le signe et le jeu », in L'écriture et la différence, Seuil, 1967, Collection Points, Série Essais, 1994, p. 409-428.




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